home sweet home
Chez nous, ça sent la soupe et le bébé dormant
Les disques craquent car on les joue souvent
Nos chiens sont fous mais pas du tout méchants
Chez nous, la porte reste ouverte jour et nuit
Il y a toujours un plat de spaguettis
Et du café chaud pour les amis
Lendemain de concert. Un grand Mr. Sa prestation, de la dynamite... chantant, dansant. Tour à tour charmeur, rieur, rageur, mélancolique... Que du bonheur. Bravo et Merci.
On ne croirait pas comme ça, mais Michel Fugain a écrit une des chansons françaises qui se sont le mieux vendues dans le monde : « Je n’aurai pas le temps » (sur un texte de l’omniprésent Pierre Delanoë ), devenue « If I Only Had Time » par John Rowles. Avec sa troupe Le Big Bazar, produit populaire de l’après 68, il a aussi produit quelques succès qui font encore la joie des petits et des grands dans les karaokés. Décidé à donner de lui une image sérieuse et différente, il peine depuis plus de vingt ans à retrouver le succès.
Fils de médecin, il se destine d’abord au cinéma. Mais sa rencontre avec Michel Sardou, pour qui il écrit quelques titres, va faire bifurquer sa carrière. Après s’être fâché avec le « contestataire de droite » (avec qui il se réconciliera 35 ans plus tard) il écrit pour Hugues Aufray, Dalida, Hervé Vilard, Marie Laforêt et publie son premier 45 tours en 1966. C’est l’année suivante qu’il décroche le pompon avec « Je n’aurai pas le temps », déjà cité.
Après Mai 68, il se rend compte que les formes de spectacle sont en train de changer et monte en 1970 une comédie musicale, « Un enfant dans la ville », avant de fonder le Big Bazar. Les années 70 sont très fastes pour la troupe, qui fait le tour de France et enchaîne « Fais comme l’oiseau », « La Fête », « Attention Mesdames et Messieurs », « C’est un beau roman, c’est une belle histoire », « Les gentils et les méchants », etc. Inspirées d’une certaine pop anglaise, mais mises au goût du public français (ce qui leur donne paradoxalement leur aspect daté), ces chansons malines réconcilient tout le monde. Bardées de bonnes intentions, elles ont un côté « pantalon patte d’eph’ » qui peut les faire vaguement passer pour gauchistes, sans jamais rien dire qui puisse choquer qui que ce soit… Fugain chante ainsi l’amour, pas la guerre, pendant quelques temps, jusqu’à ce que l’ère punk le conduisent à arrêter l’expérience, après un dernier spectacle de rue au succès important : « Juin dans la rue ».
Il tient quelques temps un atelier pour jeunes artistes, à Nice, puis connaît à partir de 1982 l’habituelle traversée du désert. Malgré tout, il obtient quelques tubes : « La Fille de Rockfeller » (1985), « Viva La Vida » (1988, écrit par Brice Horns)… Mais sur scène, il ne parvient pas à vraiment changer de répertoire, et son public lève toujours les bras pour chanter que « ça vit d’air pur et d’eau fraîche, un oiseau ». Depuis, il a sorti quelques disques, écrit le triste album « Français » pour Sardou, mais rien n’y fait… il reste pour le grand public ce sympathique baba cool des années 70. Son dernier CD date de 2004.
'Un casse !' C'est ainsi que Philippe Lucas résume le premier coup de maître de sa carrière d'entraîneur : le titre de championne olympique récolté en 2004 par Laure Manaudou, une gamine qu'il a repérée alors qu'elle avait quatorze ans et qu'il a décidé de propulser au sommet. Le coach le plus titré de la natation française n'a en effet qu'une obsession : faire gagner ses poulains. Au fil de sa carrière, il justifie ses méthodes : dures, certes, mais on ne fabrique pas des champions avec des berceuses, ce qui n'exclut pas une attention et une protection constantes. Philippe Lucas nous dévoile l'univers sans pitié des nageurs de compétition, des 'fauves' qu'il faut avoir à l'oeil tout le temps, de jeunes stars aux caprices et aux amours parfois dévastateurs, toujours à recadrer. Et surtout, il révèle les véritables raisons qui, selon lui, ont poussé la belle Laure, après une relation fusionnelle faite d'or et de records, à mettre fin, en mai 2007, à cette collaboration victorieuse. Des raisons qui ne tiennent pas seulement, semble-t-il, à la révolte classique d'une élève surdouée contre son Pygmalion.


